Mes coups de coeur du Rhum Fest Paris 2018

Après avoir participé au jury des Rhum Fest Awards dont je vous ai dévoilé les coulisses ici, je me suis accordé une pause en famille pour revenir sur le salon le dimanche 8 avril dès l’ouverture.

vIMG_5232Je suis d’ailleurs en bonne position dans la file d’attente, ce qui me permet de prendre mon pique nique tranquillement en attendant l’ouverture.

Je m’assure du bon réglage de mon Canon, mon accréditation pour cette journée publique et mes fioles pour échantillonner les rhums intéressants à déguster au calme. Cette année, impossible de transporter mon sac à dos avec mon matériel -> Vestiaire OBLIGATOIRE.

C’est parti ! Dès l’entrée dans le Hall n°1 celui que je ne quitterai pas avant 16h00…

Je découvre aussitôt le stand A1710 où je retrouve Stacy qui m’a guidé lors de la visite de la distillerie il y a quelques jours de cela. J’aperçois tout de même une bouteille avec un bouchon revêtu de cire rouge, qu’est-ce donc ? Grégory Duval présent pour l’occasion sur le stand m’explique qu’il s’agit d’une sélection de 3 variétés de cannes de la plantation de M. Paul Octave à Saint Esprit. Ce rhum blanc La perle brut titre 66%, il est embouteillé brut d’alambic. On y retrouve les marqueurs habituels chez A1710 avec un nez puissant sur les notes iodées, la bouche manque de gras et de rondeur à mon goût, mais le fond de verre est très intéressant avec des notes de pomme croquante acidulée… à suivre donc puisqu’il s’agit d’un test.

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Le stand qui fait face est le renouveau du rhum MOKO, je vous en ai déjà parlé dans un de mes articles de 2018. N’ayant pas encore eu l’occasion de déguster la gamme, je me précipite pour découvrir ce rhum originaire du Panama avec 3 versions : Moko 8 ans 42%, Moko 15 ans et Moko 20 ans. Il s’agit de rhums sans ajout de sucre, donc beaucoup plus secs que ce qu’on a l’habitude de déguster parmi les « Ron », et le 8 ans est assez simple mais bien fait.

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J’ai très envie de découvrir ce 15 ans qui trône fièrement sur le comptoir 😉 On est bien sur un rhum du Panama élevé en barrique de chêne américain ex-bourbon, la dégustation confirme une belle persistance sur la longueur en bouche. C’est savoureux, gourmand, du pain grillé, des épices et un boisé fondu, ce 15 ans Moko est vraiment très bon, avec une belle matière en bouche. La version Moko 20 ans est à portée de verre ! C’est avec empressement que je tend le mien pour y plonger mon nez. Je découvre un rhum beaucoup plus pâtissier, sur des notes de flan au caramel avec un mélange de fruits secs, plus gourmand mais plutôt moins complexe et manquant un peu de peps. Ma première frustration sur une réduction trop importante, convaincu que ce rhum embouteillé aux alentours de 60% aurait un tout autre panache.

Cinq mètres plus loin, le stand Damoiseau me tend les bras avec une star du Tiki : Daniele Dalla Pola. Aujourd’hui, je me contenterai de déguster les nouveautés, une trilogie à venir, dont 2 jeunes blends de 4 à 6 ans (Concordia et Stratera) en dégustation et un troisième blend qui devrait s’appeler Versalus (non présenté). vIMG_5245

Un agricole à 42% millésime 2007 est également présenté et renoue avec un style plus affirmé que le 2009 avec cette touche boisé fumé rustique que j’aime tant chez Damoiseau et qui me rappelle quelques similitudes avec le brut de fût 1995 <3.

C’est de bonne augure pour la Masterclass que je prépare avec le Rhum Club Alsace.

C’est justement le moment de retrouver Ralph du RCA qui me rejoint pour le reste de la journée.

Je lui propose de rester dans ce Hall 1 et d’aller découvrir la gamme des rhums Bologne pour rester en Guadeloupe, et beaucoup de nouveautés cette année après le Grande Réserve 100% fûts de cognac déjà présenté en 2017 mais néanmoins excellent. Tout d’abord le Dark Sail, un blend de 3 ans avec une proportion de 20% de chêne français, tout simplement une réussite en 3 mots : simple, bon, efficace. J’enchaine avec le XO qui a la classe de grandes eaux de vie. J’ai noté sur mon carnet de notes des arômes de fleurs séchées, bois exotique, cuir, et tabac sur la finale.

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Cher lecteur, le meilleur reste à venir… Un tout nouveau blanc dénommé « La Coulisse », clin d’œil à une ancienne méthode pour acheminer la canne depuis le champ jusqu’au moulin. Il s’agit en l’état d’un rhum blanc monovariétal de canne noire réduit à 60% après 18 mois de cuve. A la dégustation, c’est d’une puissance et d’une concentration aromatique extraordinaire, c’est suave et rond en bouche, très réglissé, un pur délice. vIMG_5247

Pour suivre, deux embouteillages « Les confidentiels » de rhum Bologne, pas encore disponibles en métropole, me sont proposés à la dégustation. Le premier est un brut de fût 2009 embouteillé à 46,5% ayant séjourné 9 ans en fut de chêne français ex-cognac. Ce brut de fût m’a impressionné par son élégance, sa complexité et son magnifique équilibre en bouche, à vrai dire j’attends avec impatience de le re-déguster et je le proposerai dès que possible sur boutique-rhum.com. La seconde bouteille est un hors d’âge 2009 embouteillé à 49,9%, c’est un small batch issu de 2 des meilleurs fûts de chêne français ex-cognac. La dégustation révèle un caractère beaucoup plus chaud et puissant, des arômes de fruits compotés et une finale épicée. Deux rhums d’exception qui ne visent pas la même clientèle de fins amateurs, pour ma part j’ai hâte de mettre les 2 dans ma collection personnelle avec le blanc bien évidemment.

J’enchaine avec les rhums 3 Rivières où je prends plaisir à déguster à nouveau le triple millésime 1999-2000-2009 que je trouve mieux réussi que le précédent. J’en profite encore pour tester un single cask 2004 ex fût de bourbon plutôt original avec des arômes de compote de prune, ananas confit, noix de coco. La finale m’a semblé trop boisée et asséchante. On reste en Martinique avec le Clément 2002 dont le caractère boisé épicé n’est pas sans me rappeler la cuvée Homère avec toutefois plus de rondeur, très intéressant ! J’en termine avec les rhums agricoles des Antilles par Longueteau dégustés en fin  de journée dont la nouveauté est de présenter une collection de 3 blends afin de mettre en avant le travail du maître de chai et le savoir faire de la distillerie en matière de vieillissement. v-compo-longueteau

Cette collection est composée de Symphonie 49,2%, Concerto 47,2% et Prélude 50,3% dont l’âge des rhums n’est pas indiqué volontairement puisque là n’est pas le débat. Chacun de ces trois rhums a bénéficié de vieillissement dans différents fûts majoritairement chêne français neufs ou ex-cognac. Des finish ont même été réalisés sur des fûts de chênes avec des chauffes particulières pour amplifier le caractère gourmand, fin ou sec. Cette collection me rappelle l’essai très réussi sur l’influence du travail et en particulier de la chauffe du fût chez Neisson avec le profil 105 l’an passé. Il semblerait que bon nombre de distilleries font actuellement des essais avec les tonnelleries pour apporter un renouvellement dans l’univers du rhum et explorer de nouvelles saveurs tout en restant dans la tradition.

Pour conclure ma journée, je tenais absolument à déguster les rhums agricoles de Madère que j’ai découvert assez récemment et qui m’ont interpelé par leur puissance et leur complexité, j’aurai le plaisir de vous faire partager dans un prochain article une dégustation complète de la marque William Hinton qui était présente au Rhum Fest cette année sur le stand Bruant Distribution.

Mon sentiment global sur ce salon est que le niveau de qualité des rhums est en forte progression et l’originalité ou l’innovation des marques semblent se diriger vers plus de transparence. Pour l’évoquer clairement, la parole se libère sur les taux de sucre dans les rhums et la mention « sans sucre ajouté » est devenu un argument mis en avant par des embouteilleurs indépendant comme la Compagnie des indes par exemple mais pas seulement. Wait and see !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Sachez apprécier avec modération.

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