Tous les articles par Hervé

Consultant en spiritueux et expert des rhums.

Interview de Cyrille Hugon fondateur du Rhum Fest Paris


Cyrille Hugon m’a accordé cette interview à maintenant moins d’un mois de l’ouverture du Rhum Fest Paris. Il dévoile pour vous sa passion pour le rhum au sens le plus large du mot depuis de nombreuses années et nous révèle quelques belles surprises qui vous attendent au Rhum Fest Paris 2015.

portrait-Cyrille-hugon« Pour commencer, depuis combien de temps le rhum est-il une passion pour toi ?

En 2000, alors que je travaillais chez l’importateur Dugas, nous avons commencé à nous intéresser au rhum. C’était un territoire quasiment inexploré en France. Le premier contact avait donc un goût d’aventure. Alors que je cherchais à constituer notre portefeuille, un de mes premiers contacts fut le légendaire Edouard Hamilton fondateur du Ministry of rum. Et à l’époque où je lui ai écrit pour lui demander conseil sur sa « rhumothèque » idéale et des contacts, le bonhomme était en train de sillonner les Caraïbes en bateau pour les besoins d’un livre sur le rhum. Je ne vous cacherai pas que ça a fait tilt dans ma tête…

La boisson alcoolisée et l’aspect culturel sont-ils indissociables dans le rhum ?

Sans aller jusqu’à parler de l’inspiration artistique que procure les états éthyliques mais dont on sait qu’elle est dangereuse, c’est une évidence quand on parle de rhum.

Il y a d’abord l’aspect historique si fort dans le rhum dont l’histoire est étroitement lié à 5 siècles de colonisation, de guerres, de mouvements de libération avec tous leurs aspects fascinants ou pas : découvertes maritimes, esclavage, piraterie, évolution des agricultures locales, histoire du sucre, etc, etc. Le rhum donne envie de lire Bougainville, La Pérouse.

F MOLL

Du point de vue strictement artistique, (NDLR : c’est Anne Gisselbrecht qui s’occupe de ces questions pour le Rhum Fest et le Rumporter), il y a mille et une façons de tourner autour du rhum et du sucre. En littérature pure, sans parler de l’incontournable Hemingway, de Chamoiseau en Martinique à Le Clézio pour l’île Maurice, on n’est jamais loin du rhum. Au niveau des arts graphiques, on a commencé avec Anne, par une exposition des eaux fortes de François Moll en 2014 et cette année on s’est penché sur la collection d’étiquettes de Pierre Moreau en ciblant l’époque 1910-1930. Il y a des choses magnifiques que vous verrez au Rhum Fest.

Enfin, je mettrai un coup de projecteur sur ce qui se passe en Martinique actuellement. Les Habitations sont les principaux monuments historiques de l’ile et les propriétaires y font un travail énorme de valorisation du patrimoine tout en créant des lieux de culture ouverts à tous. Je pense à l’Habitation Clément et sa fondation pour l’art contemporain et encore plus aux Foudres Edouard Glissant de HSE dont la programmation est très axée sur la culture créole notamment. C’est comme si les rhumiers rendait à l’ile à ses habitants une part de ce qu’elle leur a donné à travers la filière sucrière.

As-tu l’impression que l’organisation de salons consacrés aux rhums depuis 2012 en France a permis une meilleure connaissance du produit par le public ?

C’est un mouvement de fond auquel on participe. Un salon, c’est un coup de projecteur médiatique pendant un moment donné. Ca créé de l’émulation entre les acteurs du secteur, ça assoit aussi la catégorie en lui donnant un autre statut. Donc oui ça permet d’aider à la connaissance. Un salon permet aussi des rencontres entre producteurs et amateurs et entre amateurs qui sont souvent des passionnés, les premiers acteurs de cette connaissance.

L’engouement du public pour le rhum est en progression ces dernières années ?

Oui je pense qu’on ne peut pas dire le contraire … à plein de niveaux différents d’ailleurs. Commençons par la dégustation pure. Le niveau de qualité et l’offre ont tellement grandi que le rhum a de nouveaux adeptes chaque jour. Je rencontre régulièrement des amateurs de malt et de cognac qui s’y mettent avec étonnement d’abord puis gourmandise. Pour les cocktails, le nombre de recettes à base de rhum y est majoritaire, quand les bartenders ne revisitent pas certains classiques avec du rhum (voir les Old Fashioned) et avec l’engouement pour le Tiki ça ne va pas s’arranger (sourire). Ensuite, il y a le foisonnement autour du rhum arrangé dont Ced est le fer de lance. Ajoutez à tout ça des marques « phénomène » comme Diplomatico ou Don Papa et le tour est joué.

 affiche-rhum-fest-2015Qu’est ce qui selon toi à participé au succès d’un salon consacré au rhum ?

Disons qu’on était au bon endroit au bon moment. Ensuite, on a cherché à rester dans l’idée qu’on se fait du rhum : un produit de qualité mais festif, convivial, démocratique quoi. Sans tomber dans la méga fiesta, on veut que tous les types d’amateurs, des plus pointus aux flâneurs, puissent s’y sentir à l’aise.

A la veille du Rhum Fest Paris 2015 peux-tu nous parler des coulisses de l’organisation, la mise en place du programme ?

On monte en puissance : deux journée pour le public au lieu de une et un programme d’animation de plus en plus costaud. On a beaucoup planché avec Anne sur la décoration et l’expo histoire qu’elle a monté avec Matthieu Lange, historien membre de la « Confrérie du rhum ». Le programme des master class m’étonne moi même avec entre autre Marc Sassier (Saint James) Tito Cordero (Diplomatico) , Luca Gargano (Velier), Alexandre Gabriel (Plantation) et un personnage légendaire José Navarro Maestro Ronero de Havana Club.

Peux tu nous citer quelques nouveautés et exclus parmi les rhums en dégustation, des rhums prestigieux ?

Avec plus de 100 marques présentes, on peut s’attendre à un feu d’artifice. On s’attend en effet à des exclusivité et des avant-premières comme la dégustation de la carafe anniversaire Saint James.

Dans l’espace VIP, on attend des avant-première (JM, HSE, Havana Club Zacapa), des références introuvables en métropole (Isautier), des surprises (Velier) et des carafes très haut de gamme (Trois Rivières, Centenario, Bielle)

Enfin, dans notre espace chouchou « Les Rhums de demain », on attend un nouveau thaïlandais et quelques pépites comme les rhums de Guillaume Ferroni, le rhum de Paris de la Maison Julhes, un rhum de Fiji… »

 

Je remercie Cyrille Hugon de m’avoir accordé de son temps précieux pour répondre à mes questions et nous faire partager sa passion du rhum.

Le Rhum Fest Paris 2015 se déroulera du 23 au 25 mai 2015 au Parc Floral de Paris.
Le samedi et dimanche, le salon est ouvert au public (muni d’un billet) de 13 heures à 19 heures.
Retrouvez toutes les information sur le Rhum Fest Paris sur le site officiel http://www.rhumfestparis.com/

Profitez de -10% de remise sur votre billet grâce au code : BOUTIQUERHUM

Achetez vos billet pour 1 jour ou les 2 journées sur la billetterie en ligne http://www.rhumfestparis.com/#!billetterie/cwtj

 

 

L’avenir du rhum passera-t-il par une classification des rhums ?


L’univers du rhum est en pleine expansion, différentes enquêtes et études de marché le démontrent. Il n’y a qu’à regarder les rayons d’alcools dans les grands magasins pour constater l’augmentation du nombre de références de rhums. Face à ce constat, apparait un enjeu de taille pour les amateurs de rhum : comment s’y retrouver entre tous ces rhums de provenance et de traditions différentes. Même si le sujet a déjà été abordé pour les rhums des Caraïbes avec l’article sur ACR, cette nouvelle démarche naissante à l’initiative de Lucas Gargano est plus globale.

Dans le dernier numéro disponible de Fine Spirits magazine, Daniele Biondi argumente aux cotés de Luca Gargano sur la nécessité de structurer les catégories de rhums. Ils s’appuient sur la réussite du whisky avec la création d’une distinction entre les blends, les blended malt et les single malts pour poser les bases d’une classification des rhums et définir 3 paramètres influents sur le style et la qualité d’un rhum.

1 – La matière première où l’on distingue le jus de canne de la mélasse.

2 – La technique de distillation du rhum
Différents types d’alambics sont utilisés, et parfois avec plusieurs variantes. Cependant 2 principes s’opposent :

– la distillation discontinue avec l’alambic à repasse appelé aussi « pot still »

alambic-pot-still

– La distillation en continu avec les différentes variantes d’alambic à colonne dont les coffey still, les colonnes créoles, en acier en cuivre….

alambic à colonne

3 – La traçabilité du processus d’élaboration du rhum depuis le champ de canne jusqu’à la mise en bouteille.

Il s’agit ici de s’inspirer des classifications qui existent dans le champagne par exemple et de les transposer en distinguant le producteur de rhum qui cultive ses propres champs de canne, de celui qui importe un rhum blanc sorti de distillerie et qui ne réalise qu’un travail de vieillissement ou d’élevage. Parfois encore les marques de rhum sélectionnent des fûts chez un négociant et procède à l’embouteillage avec ou sans assemblage comme pour les cuvées de la Confrérie du Rhum. C’est souvent un choix stratégique qui n’affecte pas la qualité intrinsèque du rhum.

On le constate, il y a une grande disparité dans les rhums commercialisés et il n’est pas toujours très facile de connaitre avec certitude l’origine du rhum et son mode d’élaboration, peu d’informations figurent sur la bouteille de rhum.

Au travers de ce dernier paramètre, c’est de l’authenticité dont il est question, et pour nous autres Français, la notion d’authenticité et de terroir a du sens. Parce qu’un rhum distillé, vieilli et embouteillé en Martinique dont la canne est cultivée sur l’Ile de la Martinique est nécessairement représentatif d’un style identifiable gustativement.

La qualité d’un produit n’est cependant pas affectée par les différentes traditions de vieillissement qu’il s’agisse de méthode « classique »dite statique, « Solera » ou encore double vieillissement (Caraïbes + Europe) par exemple. Mais les étiquettes des rhums doivent être le reflet de son élaboration afin d’apporter la clarté nécessaire au choix de l’amateur sur l’authenticité de sa provenance.

Cette transparence est aujourd’hui la règle que réclament à juste titre les consommateurs dans le domaine de l’alimentaire, alors pourquoi les marques de rhum ne feraient pas un effort dans ce sens pour ce rhum que nous adorons et qui nous passionne !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Sachez apprécier et consommer avec modération.

Rhum Beach House : Délicieusement spiced


Né sur les plages de l’Océan Indien, le rhum Beach House est un spiced rum au style attachant. Sa première originalité est d’être élaboré avec un excellent rhum de l’Ile Maurice, terre connue pour offrir à ses rhums des tonalités naturellement poivrés et épicées.

beach-House

Beach House Spiced associe une belle harmonie de notes épicées et tout le moelleux d’un climat tropical. A la dégustation ce rhum épicé étonne par sa fraîcheur, son exotisme et son style relax, facile à apprécier. Un spiced comme on les aime au retour des beaux jours, à siroter confortablement installé à l’ombre d’une terrasse.

Beach House Spiced Notes de dégustation :

La couleur est dorée avec de beaux reflets orangés

Au nez des arômes d’orange sanguine et de miel dominent, puis des notes de citron vert et de gingembre confit se révèlent au fur et à mesure.

En bouche Les saveurs de jus de canne se marient avec bonheur à la fleur d’oranger. En fin de bouche, les notes légèrement poivrées donnent du punch à l’ensemble.

Plus qu’un simple spiced rum, Beach House est le produit d’un art de vivre fait de simplicité pour le plus grand plaisir des papilles.

 

Découvrez Beach House Spiced sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Beach-House-Rum/311890862341676

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.

Lancement en édition très limitée d’un rhum vieux Clément 15 ans


Les rhums Clément présente cette année pour la première fois une version en 15 ans d’âge de son rhum vieux de Martinique. Pour cette cuvée inédite en édition limitée, seulement 120 bouteilles ont été mises à disposition sur le marché français. Après 15 longues années de vieillissement en fûts de chêne à l’Habitation Clément ce rhum vieux Clément 15 ans à l’apogée de sa sérénité est devenu rare et précieux.

rhum-vieux-clement-15-ans Ce rhum vieux Clément 15 ans a acquis au fil des années de vieillissement, un profil aromatique particulièrement riche intense et équilibré. Il est présenté dans un élégant coffret noir et or qui symbolise le raffinement et le caractère exceptionnel de ce rhum vieux.
C’est un rhum présentant des notes finement boisées accompagnées de notes de vanille, de coco, de dattes, de figues sèches, de pruneaux et de chocolat. De subtiles notes de tabac et de boîte à cigares viennent complexifier ce magnifique produit. rhum-vieux-clement-15-ans-ouvert Il vous offre une exceptionnelle concentration d’arômes avec un boisé intense, des notes de fruits cuits, de pruneaux, de dattes, de miel, de chocolat, et mêmes des notes cuir, animales et légèrement fumées. En bouche, il est très parfumé et développe des notes gourmandes de fruits secs. La finale d’une belle complexité, évolue sur des notes de pain d’épices et de moka.

Conseils de dégustation : Ce rhum vieux Clément rond, fruité et épicé est caractéristique du style Clément. Il comblera à n’en pas douter les nombreux amateurs des rhums Clément en fin de repas et en soirée.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.

Lolo fait le tour du monde du rhum : Les rhums El Dorado


Laura, pour cette deuxième visite de distillerie, prend la direction du Guyana et nous fait partager sa rencontre avec l’équipe de la distillerie Demerara qui élabore la gamme des rhums El Dorado.

Préparez vous, on part dans un pays peu connu, où apparemment personne que je connais n’a encore mis les pieds…. le Guyana !

logo El Dorado « Rendez-vous pris avec la distillerie DDL qui produit le rhum El Dorado, très connu pour le dernier alambic Coffey still en bois encore en production.

Ici, tout le monde voyage en mini bus, alors pourquoi pas moi ? Je monte dans le bus qui prend la direction de DDL et descends au beau milieu d’une grande route où se mêlent travaux sur la voix publique et voitures… mais l’odeur de la distillerie est bien là, je ne me suis pas perdue !

Arrivée à la distillerie, je rencontre Darryl en charge de la production qui m’emmène faire le tour de la distillerie : de la fermentation à l’embouteillage !

 Le secret des rhums El Dorado

Pour la petite histoire : la distillation du rhum, au Guyana, est apparue en 1670. A cette époque beaucoup de distilleries étaient en production dans le pays, chacune d’entre elles avait sa propre colonne à distiller ou alambic pot still. Au fur et à mesure les distilleries se sont regroupées et aujourd’hui il n’en reste plus qu’une : Demerara distillery.

Lors de la visite, j’ai pu comprendre ce qui rend le rhum El Dorado si différent et qui en fait un de mes préférés. Lors des regroupements de distilleries, Demerara a conservé les différentes colonnes et pot stills et a continué à les exploiter. Elle détient aujourd’hui, entre autres, une colonne Savalle du 18ème siècle, 2 Pot still en bois (un simple Versailles et un double Port Mourant) du début du 18ème et une colonne Coffey still en bois (Enmore – la dernière au monde en production) de plus de 250 ans… Autant d’outils qui permettent de créer des assemblages très intéressants pour les rhums El Dorado.

Chaque rhum El Dorado au delà de son âge se différencie par son assemblage entre les différents rhums issus des colonnes et Pot still. C’est ce qui fait à mon sens la qualité des rhums El Dorado !

 Découverte des gammes de rhums El Doradogamme El Dorado

La première gamme rassemble les 4 « speciality rums » :

  • El Dorado 3 ans (blanc) est issu de la colonne Savalle , on retrouve des arômes de coco, de bois et de noisettes… Top en Daïquiri !
  • El Dorado 5 ans que je n’ai pas goûté…
  • El Dorado 8 ans est un assemblage de Coffey et de Savalle avec un soupçon de Pot Still. On retrouve des notes de caramel et de fut de chêne
  • Spiced rum dont l’épice principale est la cannelle.

 

El Dorado 15 ans La deuxième gamme «Special reserve » comprend 4 rhums plus âgés allant de 12 à 25 ans:

  • El Dorado 12 ans (mon favori pour le rum & coke) est un assemblage de colonne Coffey en bois et de coffey classique en métal. Ses notes de caramel et de crème au caramel vont parfaitement avec le cola pour l’apéro : à 1,5€ le verre, on peut se le permettre…
  • El Dorado 15 ans est le le premier rhum produit par El Dorado, il est issu des Pot still en bois simple et double – On retrouve plus particulièrement les notes de tabac et de cuir. Le rhum à déguster pour découvrir l’âme d’El Dorado !
  • El Dorado 21 ans est un assemblage de colonne Coffey en métal et de pot still simple en bois. Beaucoup plus complexe et doux à la fois, il a un premier nez de banane, de mélasse et évolue ensuite vers des arômes de cuir et d’épices…
  • El Dorado 25 ans : malheureusement pas testé…

La visite de la distillerie Demerara est très intéressante avec une histoire riche, et des rhums excellents.

Prochaine étape à Sainte Lucie, où je vous ferai partager les secrets du Chairman reserve, Ste Lucie 1931, Admiral Rodney et plein d’autres rhum locaux…  »

Lolo

Et n’oubliez pas d’aller faire un tour sur le blog de Lolo pour plus d’infos et d’aventures rhumesques : Rum-the-world.blogspot.fr